Kuala Lumpur n’aime pas le piéton

Kuala Lumpur, la place du piéton dans la ville

Euh... il est où le trottoir ?

J’aimerais vous parler des problèmes environnementaux en Malaisie. C’est un domaine bien vaste et je ne connais pas assez les enjeux pour couvrir tout le sujet mais je peux déjà parler à mon échelle de mon ressenti. Je commence donc cette nouvelle catégorie d’articles par la place du piéton dans la ville.

D’abord, il faut savoir que la Malaisie qualifié de "pays en voie de développement" il y a encore quelques années, est maintenant un "pays développé". A ce titre, on est en droit de s’attendre à quelques mesures environnementales. Malheureusement, les autorités ne semblent pas vouloir sensibiliser la population à ce genre de préoccupation.

Le piéton n’a pas sa place sur l’espace public

Non en effet, ici rien n’est fait pour le piéton. Les quelques trottoirs existants sont en piteux état et non entretenus.

Un trottoir encombré à Kuala Lumpur
Un trottoir encombré à Kuala Lumpur

Avant de venir nous installer en Malaisie, je regardais souvent sur Google Map, ce qui était à proximité des écoles des enfants ou des quartiers dans lesquels on envisageait de vivre. J'ai vite compris en arrivant que c’était peine perdue. Un commerce à 200m à vol d’oiseau peut être inatteignable à pied… Et c’est même très souvent le cas, il ne faut surtout pas se fier à la distance à vol d’oiseau car les frontières urbaines sont nombreuses et en particulier les autoroutes.

Il existe des passages piétons mais après les avoir utilisés, honnêtement j’ai des doutes sur le fait que ce soit réellement des passages piétons. Il s'agit plutôt d'une signalisation pour avertir les conducteurs qu’il faudrait ralentir. Il m’est arrivée de me retrouver au milieu de la route, des voitures passant devant et derrière moi, les bras chargés de courses, un enfant à chaque main sans qu’aucune voiture ne me laisse passer. C’est un peu perturbant lorsqu’on vient de France, et que les voitures s’arrêtent pour laisser passer le piéton avant même qu'il n'ait posé un orteil sur la route.

Après quelques recherches, je suis surprise de constater que le taux de mortalité des piétons en Malaisie est légèrement plus élevé qu’en France. Probablement parce que le nombre de piétons y ait quasiment nul !

Le tout voiture

Nous provoquons régulièrement la surprise des locaux lorsqu’ils nous voient marcher jusqu’à l’école alors qu’il n’y a qu’un kilomètre. En effet, le malaisien ne marche pas. Il prend la voiture même pour quelques centaines de mètres. Peut être dû à la chaleur mais surtout car c’est dans leur culture d’être motorisés. D’autant que certains facteurs favorisent la possession d’un véhicule comme le prix très bas de l’essence. Le litre d’essence 95 est à environ 0,48€/litre. Selon la Malaysia Automotive Association (MAA), le taux de véhicule par habitant du pays est de 0,88 alors qu'en France en 2010, il était de 0,6. La plupart des familles malaisiennes ont une, deux voire trois voitures.

Ce qui est assez drôle, c’est que si le Malaisien ne marche pas, en revanche il court ! En effet, le matin avant 7h, on voit régulièrement des joggeurs courir sur la route !

Nous avons fait le choix de ne pas avoir de voiture et de nous déplacer en Grab ou à pied. Finalement, je me demande si c’était un bon choix ! Tout ça est assez perturbant lorsqu’on sait qu’en Europe, c’est plutôt l’inverse : les autorités tendent à aménager les espaces publics pour développer les modes doux (piétons, vélo) et à l’inverse réduire la place de la voiture.

Pour conclure, la Malaisie a encore du chemin à faire en terme d'aménagement urbain !

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